Internat Ecouter le texte

Le couvert est dressé, des bouquets de fleurs mettent de la couleur. Comme dans une famille, chacun a sa serviette. La salle à manger ouvre sur un jardin. Résidents et accompagnants prennent place autour des trois  tables en bois. Le cuisinier quitte les six feux de son piano et vient souhaiter un bon appétit ; l’un des bénéficiaires, dont c’est le travail, l’a aidé à concocter le repas – uniquement avec des produits frais, bio ou Demeter, locaux et de saison, dont certains viennent de la ferme du domaine.

Au fil de la matinée, les effluves des fourneaux ont embaumé les pièces du rez-de-chaussée. Après avoir partagé un rituel de gratitude, les convives se régalent.

Dans chacune des neuf maisons de La Branche, les repas sont un temps fort de la journée. Ils sont aussi l’occasion de contribuer à la vie commune, selon les capacités de chacun. A la pause de midi, les travailleurs reviennent manger dans « leur » maison où ils retrouvent celles et ceux qui ne travaillent pas, ou plus. A l’attention de ces derniers, certaines maisons disposent d’un espace de loisirs.

Chaque maison garde pourtant son identité propre, forgée par les personnalités qui l’habitent ou assurent son bon fonctionnement : résidents, éducateurs, stagiaires, mais aussi cuisinier, femme de ménage, lingère, dont la présence bienveillante contribue à apporter stabilité et repères aux bénéficiaires. Chacun dispose d’un éducateur référent, avec lequel il tisse une relation privilégiée et qui coordonne son projet personnalisé. Ce projet se base sur les besoins et aspirations de la personne et met l’accent sur la santé, le travail, les activités de loisir, les relations. A travers ces multiples facettes de la vie, le projet personnalisé sert de soutien à une biographie originelle.

Les maisons accueillent, en chambres individuelles, neuf à dix-neuf résidents : des hommes et des femmes plus ou moins autonomes, d’âges variés (jeunes majeurs et personnes vieillissantes, arrivées dès la fondation de La Branche) aux croyances spirituelles ou religieuses multiples.

Logements indépendants Ecouter le texte

Partir pour vivre seul… S’installer en couple mais « chez-soi »…. Habiter en co-location… A un moment de la vie, ce désir s’impose parfois. C’est le cas pour une douzaine de bénéficiaires, âgés de 26 à 55 ans, qui ont choisi de quitter la vie en collectivité. Ils continuent de travailler à La Branche mais disposent de leur propre appartement, dans un village des environs ou sur le domaine. Leur réseau social « extérieur » tend à se multiplier car la plupart sont actifs dans la vie associative locale.

Le service des Logements indépendants et appartements en milieu ordinaire accompagne ces personnes vers plus d’autonomie, tant émotionnelle que quotidienne : gérer le quotidien ou la santé, vivre ses relations sociales ou amoureuses, équilibrer son travail et ses loisirs… Les accompagnants aident les bénéficiaires à trouver leurs propres ressources pour faire face aux fluctuations de la vie. Prise de responsabilité, solidarité et pair-émulation sont encouragées, dans le respect des limites de chacun. Les personnes les plus autonomes soutiennent celles qui le sont moins pour prendre le train, faire les courses, se faire comprendre dans la rue…

Une fois par semaine, une réunion rassemble tous les bénéficiaires qui en assurent eux-mêmes l’animation. C’est un temps d’échanges et de préparation des projets communs tels sorties ou voyages.

Les Logements indépendants ont été créés à La Branche en 2010. La Convention de l’ONU sur les droits des personnes handicapées, ratifiée en 2014 par la Suisse, reconnaît dans son préambule «l’importance pour les personnes handicapées de leur autonomie et de leur indépendance individuelles, y compris la liberté de faire leurs propres choix». Ces droits fondent les décisions prises par La Branche pour ses bénéficiaires.

Services Soins et Santé Ecouter le texte

Service médico-infirmier

La Branche dispose de médecins associés. Ils assurent le suivi médical de toutes les personnes avec des consultations sur site. Ils sont entourés d’une équipe d’infirmiers et d’assistants en soins et santé qui assument le suivi, au quotidien. Une psychologue est aussi à disposition des bénéficiaires.

Le suivi médical est établi selon les indications du médecin traitant. Selon sa charte, La Branche propose une médecine intégrative, alliant médecine allopathique conventionnelle à toute approche complémentaire utile, en particulier la médecine anthroposophique. La stimulation des forces d’autoguérison et le développement de l’autonomie sont les buts communs de tous les thérapeutes.

Thérapeutes diplômés

Sur la base d’ordonnances médicales, massages rythmiques et bains sont prodigués aux bénéficiaires. Auprès de thérapeutes diplômés, ils peuvent également suivre des thérapies de peinture, musicothérapie, logopédie, eurythmie curative, psychomotricité et physiothérapie. Ces thérapies permettent de maintenir et/ou d’améliorer l’état de santé en mobilisant les forces vitales du bénéficiaire, qui découvre ses possibilités créatrices et participe ainsi de façon active à sa propre guérison.

La thérapie équestre

Une quinzaine de résidents bénéficient une fois par semaine de la thérapie équestre. En lien avec le médecin et les référents, un ou plusieurs objectifs thérapeutiques sont posés : faire des choix et être écouté dans ses choix (en décidant de la direction à donner au cheval), apprendre à changer de posture physique (se tenir droit, ouvrir le plexus…), sentir son poids sur le cheval, ou simplement oser toucher l’animal.

L’hippo-thérapeute choisit le cheval dont le caractère s’accordera le mieux avec celui du bénéficiaire. Quand c’est possible, un tapis épais remplace la selle ce qui permet de mieux percevoir les mouvements de l’animal et sa chaleur. « Le mouvement du pas est agréable pour beaucoup car il crée un balancier proche du holding (le portage de l’enfant) » précise l’hippo-thérapeute. Pour les moins mobiles, les exercices ont lieu au sol. En fin de séance, chacun brosse son cheval.

Moins mobiles, les exercices ont lieu au sol. En fin de séance, chacun brosse son cheval.

Les activités de loisirs Ecouter le texte

Le Centre de loisirs est un lieu d’accueil de jour pour les aînés. C’est un espace de liberté où chacun peut rouvrir des portes de soi et découvrir de nouveaux centres d’intérêt, par-delà ses activités professionnelles.

Disponibilité, douceur et sourires règnent ici en maître mot. L’accueil commence par un cercle de parole dans une grande salle lumineuse. Les rideaux sont colorés. Accrochée au mur, une grande tenture tissée aux couleurs chaudes. «Notre crédo, c’est de créer un lieu à la fois paisible et joyeux» confie la responsable. La quinzaine de participants prend place sur des chaises disposées en cercle autour d’une bougie. La parole circule pour partager ses soucis ou ses joies.

Les activité proposées vont de la musique à la cuisine, en passant par l’eurythmie, la fabrication de masques, les sorties au musée, etc. Certains préfèrent s’installer sur un canapé: ici, même le désir de repos a sa place. D’autres retrouvent leurs copains de jeu autour d’une table ou vont ouvrir «leur boîte» bleue qu’ils ont personnalisée et où les attend un collier à terminer, un album photo ou un tricot en cours. Dans la grande salle de cuisine et de bricolage aux rideaux verts, tout un mur est occupé par une bibliothèque avec du matériel à disposition.

Entre midi et quatorze heures, le Centre de loisirs est à disposition des travailleurs externes, qui viennent manger et se reposer avant de retourner aux Ateliers.

L’Animation est proposée un soir par semaine. Quinze à vingt bénéficiaires de tous les âges, encore en activité, viennent écouter de la musique, dessiner, jouer aux cartes avec des copains, surfer sur une des tablettes, faire des bricolages ou de la peinture, etc. Situé sous les combles, l’espace qui les accueille est aménagé avec soin. Les murs sont décorés avec les dessins des participants. Une grande table et une étagère bien garnie en matériel est à disposition pour les bricolages. Un coin salon est à disposition pour les joueurs de carte ou les activités en solo.

Tout au long de l’année, des activités communes telles disco, concert ou thé dansant, proposées à La Branche ou dans d’autres institutions, permettent de tisser des liens avec de nombreux partenaires. Deux DJ formés de La Branche animent souvent ces moments festifs qui sont autant d’occasions de socialiser en dehors du travail et de la vie des maisons.

Des activités ponctuelles sont organisées : théâtre, film-conférences, concert ou encore soirée pizza, contes. Une fois par an, en février, le Conseil des résidents choisit le thème du carnaval qui réunit bénéficiaires et collaborateurs. Cortège, soirée dans la salle de spectacle décorée pour l’occasion et mise à feu du Bonhomme Hiver ponctuent cette journée très attendue.

Côté théâtre, signalons la création du spectacle «Libres et égaux», monté en 2017 avec 20 bénéficiaires et le chanteur K autour de la Convention de l’ONU.